Olivier Grossetête utilise des supports et modes d’expression diversifiés : sculptures éphémères, interventions urbaines, collages subversifs, petits films drolatique.
Né à Paris en 1973, Olivier Grossetête vit et travaille à Marseille.
Papier, carton, procès-verbaux, balsa, demandes d’emploi, emballages les plus divers constituent son univers plastique.

Avec ces matériaux dits pauvres, Olivier Grossetête a élaboré un langage tout à fait personnel, à la fois empreint d’ironie, de poésie et de critique.
A côté de travaux requérant du spectateur une certaine proximité, Olivier investit également l’espace public avec des projets monumentaux, qui, au-delà de leur aspect éphémère, nécessitent une grande énergie collective.
Olivier Grossetête s’intéresse à l’espace architectural ainsi qu’à la notion de mobilité. Dans son œuvre Le pont suspendu ou Le pas-sage, il joue avec le concept de liberté. Suspendu à des ballons gonflés d’hélium, ce pont, réalisé en balsa, flotte dans l’espace d’exposition. Il est alors indépendant du lieu physique et ne relie aucun élément. Il ne remplit donc pas sa fonction originelle mais évoque l’idée du passage chère à l’artiste.

Certains le voient comme un « joyeux plaisantin », ceux qui ont assisté devant l’Hôtel des impôts de Valence à l’installation d’énormes sacs plastiques remplis de 6000 feuillets manuscrits où l’on pouvait lire : C’est du travail…
D’autres encore un hurluberlu à la dent dure qui s’amuse à fabriquer des collages de procès verbaux sur cellulose, Vole libre, basculant de la sorte des éléments du réel dans une fiction grinçante. Décidément, Olivier Grossetête a l’art de « se confronter à la loi de manière poétique avec une certaine fausse naïveté ». Enfin, il y a tous ceux qui se plaisent à voir en lui un jeune cinéaste talentueux, aux images sobres, poétiques et un tantinet surannées. Le compliment le ferait très certainement rougir : il y a du Tati dans son Bateau ivre, sculpture monumentale en papier (comme celles qui jonchaient le sol de nos vieilles écoles) devenue vidéo-fiction de 16 minutes pour le plus grand bonheur des spectateurs. Dans cette histoire au parfum d’enfance, rien ne l’intéresse plus que de renverser le rapport d’échelle entre le bateau de papier, le paysage et l’homme.

Bref, Olivier Grossetête a décidé de faire éclore le rêve là où on ne l’attend pas, laissant dans son sillage une constellation d’histoires.
Le week-end dernier, pour le festival “C’est sud”, Olivier Grossetête était à Aix en Provence pour une installation et performance de l’artiste, de 9h à 18h sur le Cours Mirabeau.

Reconstitution de la façade de l’église de la Madeleine en cartons d’emballage à l’échelle. S’organisant comme une sorte de chantier populaire, cette performance rassemble les énergies humaines autour d’un objectif commun, celui de la construction, du rêve et du jeu. Le but est simple mais ambitieux : reproduire à très grande échelle un monument architectural de la ville, en utilisant les remarquables capacités mécaniques et symboliques du carton d’emballage. Chacun trouve sa place. En participant activement ou simplement en contemplant.